Édito
Du 3 au 10 décembre 2026 nous élisons les représentants des personnels de l’Éducation Nationale. Ces élections sont un moment important pour la démocratie sociale et professionnelle, celle-là même que les deux quinquennats du président Macron ont tenté de mettre à mal par la loi de Transformation de la Fonction Publique de 2019, puis par son refus obstiné d’écouter la rue lors du mouvement contre la réforme des retraites ou son mépris de tout mouvement social comme c’est le cas encore à cette rentrée avec le mouvement des lycéens et des personnels.
Les politiques néolibérales et austéritaires menées par les gouvernements Macron ont eu des conséquences terribles pour nos métiers et pour l’école : déclassement de nos professions, effondrement du pouvoir d’achat, suppression massive de postes au moment même où les effectifs augmentaient, crise majeure des recrutements, dégradation du service public d’éducation nourrissant le sentiment d’abandon des populations poussées à rechercher des solutions dans des courants de pensée hostiles aux valeurs républicaines. La politique éducative menée, après avoir généralisé la sélection et le tri social avec Parcoursup, a fait exploser les inégalités sociales et de genre avec la réforme des lycées et du baccalauréat. Dans le contexte politique actuel, il est impératif que la FSU et ses syndicats nationaux sortent renforcés de ces élections pour contrer la casse du service public qui s’annonce.
Face à toutes ces attaques le SNES-FSU est toujours là pour proposer un autre modèle de société, plus égalitaire, plus solidaire, résolument tourné vers le progrès social, la justice sociale, la justice écologique et l’égalité professionnelle des femmes et des hommes. Le SNES-FSU a su mener des combats importants et mettre à jour les coups portés au système éducatif et à ses personnels. Nous avons su grâce aux mobilisations des collègues faire échouer dans les collèges le Choc des savoirs et la remise en cause majeure de la démocratisation qu’il contenait. Le projet de Pacte et la contractualisation de la relation de travail avec le chef d’établissement ont été en partie enterrés. Nous avons permis l’amélioration des débuts de carrière et que la Hors-Classe devienne enfin un débouché de carrière pour tous et toutes. Grâce au savoir-faire des militantes du SNES-FSU nous continuons à conseiller les collègues lors des mutations, à faire rectifier de nombreuses erreurs et à améliorer de nombreuses situations.
Mais les combats à continuer sont encore nombreux : pour l’égalité femme-homme et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pour l’accès à la Classe exceptionnelle pour tous et toutes, contre le recul de l’âge de la retraite en montrant en permanence qu’un financement pérenne des retraites par répartition est possible. Continuons à nous faire entendre pour un statut de fonctionnaires pour les AESH, pour une véritable inclusion scolaire qui permette de meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves et de meilleures conditions de travail pour les collègues. Continuons à lutter contre la précarité des AED et des non-titulaires, ceux que le système oublie trop souvent. Continuons le travail entrepris cette année contre les effets du dérèglement climatique, pour un autre bâti scolaire dans les collèges et les lycées. Continuons à lutter contre la ségrégation sociale et scolaire sur de nombreux territoires en lien direct avec la concurrence déloyale de l’enseignement privé qui renforce la logique de l’entre-soi social.
La force du SNES-FSU est de mener les combats dans la durée, au plus près des collègues et toujours avec eux. C’est au quotidien dans les établissements, que nous travaillons à faire barrage à la casse du service public d’éducation, aux dégradations des conditions de travail et aux injonctions hiérarchiques. Forts de nos valeurs nous continuerons avec vous à défendre collectivement les intérêts de toutes les catégories de personnels et une autre politique éducative pour tous nos élèves.
Alors, du 3 au 10 décembre 2026, votez SNES-FSU, votez FSU !
Stéphane AUDEBEAU, Elsa BERNARDY, Hervé FUMEL, Mireille GUIBBERT, Sarah LETOUZEY, Arnaud ROUSSEL, co-secrétaires généraux académiques du SNES-FSU
