ÉDITO : « Et au milieu, coule une rivière... »
La rivière de l’éducation nationale et de la jeunesse aura connu durant les neuf dernières années des
quinquennats macronistes les pires attaques cumulées, transformant ses flots en torrents impétueux
et dangereux, tant pour les usagers que pour l’ensemble des personnels.
Sous les fourches caudines gouvernementales libérales, le second degré a subi une profonde révolution organisationnelle qui, sous couvert d’autonomie, concept aussi flou que vague, hérité des précédentes majorités, a imposé une transformation des organisations du travail dans le secteur public. L’éducation nationale n’y a pas échappée. Portées par des dogmes gestionnaires et inspirés des entreprises privées, l’hétérogénéité des objectifs et l’autonomie managériale sont devenues les pivots de toutes les réformes pour casser une fonction publique et des personnels considérés comme sur-protégés par leurs statuts.
Le pilotage par objectifs a été au cœur de la réforme des lycées, de la réforme du baccalauréat et du choc des savoirs. Il s’est accompagné de la montée en puissance de projets éducatifs académiques et d’établissements pilotés par les lettres de missions reçues par les Rectrices et les chefs d’établissement. Ce pilotage par objectifs a généralisé les évaluations (des établissements, des personnels … et des élèves). Les collèges et les lycées ont été ainsi transformés au nom d’une prétendue autonomie, les chefs d’établissement ayant pour seule fonction de « manager » leurs équipes enseignantes et éducatives en dehors de tout collectif de travail. La mise en concurrence accrue des établissements, des personnels et des élèves est un des outils de ce néomanagement libéral et financier qui donne les résultats que nous connaissons malheureusement : élèves en souffrance dans des classes toujours aussi surchargées, personnels dont les missions sont régulièrement remises en cause par la réforme du moment, tri massif des élèves pour accéder à l’enseignement supérieur, une école inclusive en panne depuis plus de vingt ans par choix politiques. Les bateliers ont volontairement coulé le navire…
Face à ce constat déplorable, le SNES-FSU demeure, tant pour les collèges, les lycées que pour les CIO, porteur d’ambitions pour un second degré publique et laïc démocratisant et émancipateur pour tous les élèves. Pour nous, un nouveau cap doit être fixé par une autre politique éducative. L’objectif de réussite de tous les élèves passe par une loi de programmation budgétaire, et un plan de recrutement pluriannuel ambitieux. Ce sont les premiers chantiers. Plus de collège pour les élèves, trois voies de lycée pour réussir sont les pôles de notre projet. Un statut pour les AESH et une nouvelle organisation de l’école inclusive, des vies scolaires renforcées, des personnels plus nombreux, mieux rémunérés et mieux formés constitueront l’équipage du projet.
Sans courber l’échine face aux attaques qui se poursuivent, sans en rabattre sur nos ambitions, avec le SNES-FSU dès cette rentrée et tout au long de cette année scolaire, vous pourrez, grâce à nos réseaux militants, nos stages de formation syndicale et notre activité militante dans les instances, avancer collectivement pour mieux et plus d’école pour tous nos élèves et tous nos personnels.
Hervé Fumel
Co Secrétaire général académique
