En cette rentrée de septembre 2026, les psychologues de l’Éducation Nationale EDO sont déjà fortement mobilisées par l’accompagnement des élèves sortant de 3e et sans solution. Bien que l’administration communique peu de statistiques, nous constatons sur le terrain qu’il reste toujours des élèves en attente de solution. Le pré tour de sécurisation - tout en ayant a minima le mérite de renforcer le dialogue avec les familles - présente deux défauts majeurs : il ne fabrique pas de place dans l’enseignement professionnel et il ne s’adapte ni aux contraintes ni aux aspirations de nos élèves.
C’est ainsi que les CIO et les psys EN se retrouvent comme chaque année en première ligne dans la répétition ad nauseam du traitement de ces situations sans solution avec une maigre boite à outils contenant de l’écoute bienveillante (c’est important mais insuffisant), des procédures énergivores et chronophages et quelques places souvent loin de chez soi et dans un domaine qu’on n’a pas choisi. Voilà de quoi bien commencer l’année, entre surcharge et frustration !
Mais ce n’est pas tout, rappelons une nouvelle fois ici que dans notre académie les CIO ont, depuis plusieurs années, des budgets de plus en plus restreints, ceci ayant des incidences sur les conditions matérielles de réception du public dans les CIO mais aussi dans les établissements notamment dues à la contrainte exercée sur les frais de déplacement.
Comme les autres années, l’année 2026-2027 est marquée par tout un ensemble de difficultés. Nous manquons toujours de postes de psys EN par conséquent certains collègues se retrouvent surchargés et certains établissements se retrouvent découverts (c’est à dire sans psy EN). Les frais de déplacements restent un problème majeur notamment pour les territoires ruraux. Les postes administratifs sont réduits ce qui nuit à l’accueil des usagers notamment pendant les vacances scolaires. Les outils nécessitent toujours des mises à jour et des renouvellements. Enfin, les locaux sont toujours vétustes et mal adaptés à l’accueil du public.
Nous sommes donc toujours confrontés à des conditions de travail dégradées et dégradantes.
Et pourtant, l’orientation et la santé mentale des élèves sont toujours mises en avant comme de grands enjeux des politiques nationales et académiques, à travers des plans : avenir, santé mentale,... Une rentrée désespérément ordinaire donc. Dans une ambiance générale de dégradation des services publics, alors même que les inégalités se creusent toujours plus et comme jamais durant ces dernières décennies, renforçant la nécessité de ces services pour les plus fragiles.
Une rentrée désespérément ordinaire donc, la dernière ?
Cendrine GONOD
