Alors que nous vivons la troisième canicule de l’année en moins de deux mois se profilent les congés d’été. Si les cours se terminent de plus en plus tôt, la fin de l’année parait, elle, de plus en plus interminable : orientation, stage de fin de seconde, période d’examens écrit et oral, réunions en tout genre, etc. Cette fin d’année aura été rendue difficile par ses températures extrêmes : plus de 3O° et parfois 35 à 38° dans certains collèges et lycées. Les examens 2026 auront été marqués par des conditions fortement dégradées. C’est l’ensemble du pays et son système éducatif plus encore qui sont inadaptés au dérèglement climatique. La plus grande partie de nos bâtiments scolaires sont d’un autre temps : peu de salles tempérées, des murs véritables passoires thermiques, peu de fontaine à eau fraiche pour les élèves ou les personnels. Un plan massif de rénovation du bâti est indispensable. C’est un coût financier énorme mais incontournable après 20 ans de négation du dérèglement climatique, d’abandons successifs et d’absence de volonté politique. On évalue à 70% du parc les collèges et des lycées à rénover en urgence. Rien que pour les collèges de l’Hérault ce seraient 200 millions d’euros à débloquer.
Cette inaction est bel et bien un choix politique fait par les gouvernements successifs durant cette trop longue période. Depuis 2017, la politique de l’offre a clairement eu pour effet d’épuiser les capacités de financement d’investissements futurs (baisses d’impôts pour une petite caste de privilégiés). Le choix néolibéral a été de s’en prendre à l’ensemble des services publics, jugés non rentables, et à ses personnels considérés comme un coût pour la Nation. On l’a bien vu quand les sénateurs ont refusé de voter l’intégration des AESH dans un corps de fonctionnaires ou quand le ministre Geffrey déclare que finalement ce seraient seulement 20% de ces dernières qui pourraient y accéder. Comme si l’accompagnement des élèves en situation de handicap, l’inclusion scolaire et la réussite de tous les élèves n’étaient pas une nécessité démocratique absolue. On l’a bien vu encore ce 8 juillet lors du pseudo rendez-vous salarial où encore une fois le gouvernement n’a rien acté pour arrêter l’effondrement du pouvoir d’achat des fonctionnaires et des agentes publics. Le gel de l’indice de rémunération, le blocage des carrières par la volonté de ne pas ouvrir les promotions à la hors classe et à la classe exceptionnelle, le début dans le métier à 1,04 fois le smic pour un métier à Bac + 5... tout est fait pour l’appauvrissement et l’absence de reconnaissance sociale des personnels des services publics, dont celles et ceux du service public d’éducation.
Pour l’heure les congés scolaires sont les bienvenus. Profitons de l’été pour nous ressourcer auprès de nos proches. Nous aurons besoin dès la rentrée de forces pour porter, face à un gouvernement sourd à la réalité du pays, nos revendications pour l’avenir de la jeunesse, pour des personnels reconnus et revalorisés, pour une école émancipatrice. Nous aurons besoin d’être prêts pour la journée intersyndicale du 29 septembre, pour voter massivement lors des élections professionnelles de décembre et, en 2027, pour continuer dans la rue et dans les urnes à exiger d’autres choix pour des services publics à la hauteur des enjeux d’aujourd’hui. Bonnes vacances à tous et à toutes.
Stéphane AUDEBEAU
3 septembre 2026

